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[larletfr] Discussion sur Rétribuer les auteurs

[larletfr] Discussion sur Rétribuer les auteurs

From:
Alain Vitry
Date:
2015-02-23 @ 16:14
url=https://larlet.fr/david/stream/2015/02/23/

★★★★★

Je partage autant la surprise d'Anthony Delaby que votre souhait de
rétribuer les artistes en direct.

Je connais d'autres artistes (Eric Brochard, Machaut|Tricollectif) qui
proposent librement ou à la vente directe leurs oeuvres. Ceux là on soit la
chance de maîtriser la technique nécessaire pour mettre en place une telle
offre, soit les moyens de payer un intermédiaire pour le faire à leur place
ou s'en remettre à un service (bandcamp, magnatune, ...).

Les solutions sans intermédiaires suffisent-elles à convaincre ou plutôt à
rassurer un acheteur potentiel ? Ca dépend de la finition du site ou de la
proximité avec l'artiste.

Je connais de près 2 artistes qui en 2 ans on récupéré 0€ de dons ou vente
en ligne, malgré la visibilité (relative) de leur travail.
Un intermédiaire permet une plus grande visibilité, condition qui me semble
nécessaire à une quelconque viabilité en ligne ou ailleurs.

Et comment faire pour les autres formes tel le spectacle vivant qui a
besoin comme intermédiaire d'une salle de spectacle ?

Comment mettre en relation un travail, une oeuvre avec son public ?

Malheureusement la raréfaction des budgets culturels et des ventes d’œuvres
(musique ou autre piratable) à pour conséquence directe de promouvoir le
divertissement et la superficialité qui garantissent de remplir les salles
ou de générer du trafic...

Allez à partir d'aujourd'hui j'arrête le téléphone pour ne pas engraisser
des intermédiaires :)

★★★★★

Alain Vitry
http://blog.odev.fr/

Re: [larletfr] Discussion sur Rétribuer les auteurs

From:
Karl Dubost
Date:
2015-02-24 @ 01:46
Le 24 févr. 2015 à 01:14, Alain Vitry <alain.vitry@gmail.com> a écrit :
> url=https://larlet.fr/david/stream/2015/02/23/
> 
> ★★★★★
> Un intermédiaire permet une plus grande visibilité, condition qui me 
semble nécessaire à une quelconque viabilité en ligne ou ailleurs.

C'est une affirmation à double tranchant. L'ensemble des titres et des 
artistes disponibles est bien plus grand que la capacité de financement 
des amateurs. Ce que l'intermédiaire propose n'est pas tant une plus 
grande visibilité qu'une visibilité aux dépends des autres. C'est 
exactement ce qui se passe dans le domaine du livre, dans le domaine du 
Web avec le SEO. Ce n'est pas tout le monde que l'on pousse en haut de la 
pile, de la liste de résultats, mais bien une personne que l'on pousse 
plus de façon à être au-dessus. 

La visibilité est une économie de la compétition, pas de l'équité.


> Et comment faire pour les autres formes tel le spectacle vivant qui a 
besoin comme intermédiaire d'une salle de spectacle ?

Ceci est une question de compétences et de moyens. En effet, il est 
intéressant de faire appel à un professionnel pour certains services. Si 
j'ai les moyens de payer un pourcentage de mes revenus à un intermédiaire 
pour qu'il puisse me fournir une salle ou me trouver une salle est déjà un
luxe pour de nombreux artistes. Ces compétences là d'ailleurs se financent
sur des économies d'échelle et non sur le coût réel de la prestation. 
L'intermédiaire a déjà les contacts, a déjà des salles connus, il a une 
expérience qui lui permet de gagner du temps et donc de réduire le prix 
individuel de sa prestation. Ceci dit l'artiste le paie tout de même.


> Comment mettre en relation un travail, une oeuvre avec son public ?

Cette question là est intéressante et difficile. Mais n'est pas forcément 
celle qui tient au billet de David. La discussion sous-jacente est celle 
des revenus lors de la création artistique et du passage à la profession 
(Occupation déterminée par laquelle on gagne sa vie). Les artistes sont 
artistes parce-qu'ils ont déjà une relation au public. Bien sûr une 
personne peut avoir un sens esthétique mais sans exposition de son œuvre, 
il est difficile de déterminer si la société le considère un artiste (a 
priori ou posteriori comme les artistes inconnus de leur vivant). 

Donc si on retient la profession et donc gagner sa vie par son occupation 
artistique. Il y a une forme de miroir aux alouettes qui est vendu par les
médias.  

Pas de solutions ? 

Pas tout à fait. Entre la vente directe et/ou concert et les gros studios 
de musique, il y a peut-être des solutions plus éthiques, ou 
l'intermédiaire vend sa prestation à un prix plus juste. Dans le domaine 
de la littérature, ce sont par exemple des initiatives comme publie.net 
qui reverse 50% des droits aux auteurs à comparer aux 10% habituels des 
grosses maisons d'éditions (à noter que 10% ou 50%, cela dégage jamais de 
revenus suffisants pour pouvoir en vivre mais cela aide à mettre des 
épinards dans le beurre). 

> ★★★★★

-- 
Karl Dubost 🐄
http://www.la-grange.net/karl/